Fils d’un tailleur de pierre exilé en Belgique à la suite des événements de la Commune de 1871, Auguste Perret est né à Bruxelles en 1874. Imprégné de l’univers des chantiers de construction, il suit à Paris, à partir de 1882, son père amnistié.
Après de brillantes études à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts dont il ressort cependant sans diplôme, il rejoint avec ses frères Gustave et Claude l’entreprise familiale « Perret et Fils » en 1896 (puis « Perret frères » en 1905). Fascinés par les propriétés du béton armé, ils expérimentent ensemble l’utilisation de ce matériau dans des structures de type poteau-poutre-dalle, dont l’immeuble construit en 1903 rue Franklin à Paris, est certainement le premier manifeste.
Héritier d’un certain rationalisme à la Française dans l’architecture, incarné par Viollet-le-Duc, Choisy ou Guadet, Auguste Perret cherche à inventer un nouvel ordre classique à partir du béton armé, matériau qu’il considère plus noble que la pierre et qu’il laisse, à ce titre, apparent, se suffisant à lui-même.
Après des chantiers comme celui du Théâtre des Champs-Elysées (1911) et de l’église Notre-Dame du Raincy (1923), qui forgeront la renommée de l’architecte, l’aboutissement de cette démarche est certainement le Palais d’Iena à Paris (actuel Conseil économique, social et environnemental) construit en 1937, idéal du « monument parfait » tel que l’avait défini Viollet-le-Duc dans sa lecture rationaliste du temple grec.
Mais c’est à la fin de sa carrière et de sa vie, qu’Auguste Perret trouve dans le chantier de reconstruction du Havre, un champ d’application exceptionnel pour ses idées, un « laboratoire urbain » à la hauteur de son génie créatif. Entouré d’anciens élèves et de disciples, il dirige la reconstruction du centre-ville jusqu’à sa mort en 1954. Son œuvre est achevée en 1964.
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