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Histoire des collections

Les visiteurs du Musée Malraux

Le musée du Havre est créé en 1845. Il appartient à la seconde génération des musées créés en France, après celle des premiers musées ouverts après 1792.

Sa collection n’est pas le reflet d’une collection préexistante issue des saisies révolutionnaires, mais elle a été volontairement constituée par une ville qui, alors qu’elle abordait une des périodes les plus riches de son histoire, souhaitait réunir un patrimoine auquel s’identifier.

A une époque où la côte normande devient un lieu de villégiature, le musée du Havre est sans doute visité par ces jeunes artistes, en quête de sujets sur le motif, qui résident au Havre (Boudin, Monet) ou séjournent volontiers dans la région (Courbet, Jongkind, Corot, Sisley…). Au moment où naît le premier musée du Havre, des amateurs d’art issus de la classe la plus aisée de la ville, se retrouvent au sein de la Société des Amis des Arts. Celle-ci commence à organiser, dès les années 1850, des expositions d’artistes vivants auxquelles participent ces jeunes peintres. Certaines œuvres présentées dans ces salons seront acquises pour le musée.

Les collections, comme celles des autres musées français de beaux-arts à l’époque, se veulent le reflet le plus complet possible des différentes écoles de peinture européennes depuis la Renaissance. C’est ainsi que, par voie d’acquisition, de dons, de legs ou de dépôts de l’Etat, des œuvres anciennes importantes entrent à l’inventaire. Mais l’identité du musée tel que nous le connaissons actuellement, autour de l’impressionnisme et du fauvisme, ne se construit qu’au XXe siècle.

En 1900, le frère d’Eugène Boudin, Louis Boudin, donne à la Ville du Havre le fonds d’atelier de l’artiste, soit 224 esquisses peintes sur toile, carton, panneau de bois, qui sont un témoignage irremplaçable sur le travail en plein air, quotidien du peintre.

Consciente qu’il convient de donner sa place à l’école impressionniste, la Ville du Havre achète des œuvres de Maufra, Moret, mais surtout deux vues du port du Havre à Pissarro (elle est la seule à faire des acquisitions à cet artiste de son vivant) et trois peintures à Claude Monet (Les Falaises de Varengeville, Le Parlement de Londres et Les Nymphéas).

Ce fonds est enrichi en 1936 par le legs de Charles-Auguste Marande, négociant en coton et grand amateur d’art, membre fondateur, avec Olivier Senn, Raoul Dufy et Georges Braque entre autres, du Cercle de l’Art moderne. Avec  63 peintures, 25 dessins et une sculpture, ce sont de nouvelles pièces impressionnistes (Renoir, Monet, Pissarro), mais surtout des œuvres fauves qui font leur entrée dans les collections du musée (Marquet, Kees van Dongen, Camoin).

En 1963, la veuve de Raoul Dufy lègue à la Ville du Havre, dont est originaire l’artiste, un ensemble de 70 œuvres de son mari. Cette collection couvre toute la carrière de l’artiste, de sa période impressionniste aux années 1940, et témoigne de la diversité de son art : peintures, dessins, tapisserie, céramiques.

La collection du musée est ponctuellement enrichie par des acquisitions qui complètent le fonds déjà constitué, soit avec des pièces du XIXe siècle (Monet, Fécamp bords de mer en 1994, Courbet, La Vague, en 2003), soit en l’ouvrant au XXe siècle (Léger, Hélion, Villon, Dubuffet…).

En 2004, le musée Malraux se voit très généreusement offrir, par donation d’Hélène Senn-Foulds, l’extraordinaire collection de son grand-père, Olivier Senn. Négociant de coton, amateur d’art et membre du Cercle de l’Art moderne comme Charles-Auguste Marande qu’il connaît bien, Olivier Senn a constitué sa collection de la fin du XIXe siècle aux années 1930. Sa fine connaissance du milieu artistique lui a permis d’acquérir des œuvres majeures, parmi lesquelles des Courbet, Delacroix, Corot, mais surtout des impressionnistes tels que Renoir (5 œuvres), Sisley, Monet, Pissarro, Guillaumin, Degas (40 dessins), des post-impressionnistes tel que Cross (2 peintures et 33 œuvres graphiques), des Nabis comme Sérusier, Vallotton, Bonnard et Vuillard, des Fauves comme Derain, Marquet et Matisse… Au total ce sont 71 peintures, 130 œuvres graphiques et 5 sculptures qui ont été données par Hélène Senn-Foulds, faisant désormais du musée Malraux le plus riche musée français, après le musée d’Orsay, en collections autour de l’impressionnisme.

Enfin, le 8 juillet 2009, Madame Hélène Senn-Foulds a de nouveau honoré la Ville du Havre de sa générosité en offrant la collection de son père, Edouard Senn : 67 nouvelles œuvres entrent ainsi au musée, comprenant 42 peintures, 15 dessins, 5 gravures  et 5 sculptures.

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