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Le patrimoine maritime bâti de 1850 à nos jours

La Tour François Ier au Havre en 1850

Comme toutes les grandes zones industrielles et portuaires, les installations portuaires sont régulièrement renouvelées donnant lieu à des destructions afin de mieux répondre à l’évolution des techniques de manutention ou de l’évolution des navires.

Le Havre a également été victime des bombardements qui n'ont pas épargné le port. Bien qu'une partie du patrimoine maritime havrais ne soit aujourd'hui plus visible, d'autres infrastructures et monuments subsistent. Des témoins du Havre à travers les siècles à ne pas manquer.

Un patrimoine toujours visible
 
Plage cabanes et bains de mer
Le Havre avec Dieppe est une des premières stations de bord de mer. Des infrastructures et une architecture se développent le long de la plage : les bains Frascati, le Casino ou le lotissement Dufayel sur Sainte-Adresse, qui demeure l’un des plus beaux ensembles de villas balnéaires encore visible en France.

Les Docks Vauban
Construits par étapes de 1844 à 1884, l’ensemble couvre à l’inauguration près de 290 000 m² de magasins, rues couvertes et bureaux. Détruits en partie, ils ont été réhabilités en 2009 en centre commercial.
 
Cloche des Dockers
En 1911, un beffroi contenant une cloche est construit pour l’embauche des dockers. Il dresse encore aujourd’hui sa belle silhouette et agrémente la promenade du jardin fluvial.

Les digues
Véritables lieux de promenade des Havrais, notamment par gros temps lorsque les vagues viennent se fracasser, les digues du port ont été régulièrement repoussées. Celles visibles aujourd’hui datent des années 30. Elles ont à leur extrémité les feux de signaux et des constructions défensives datant de la Deuxième guerre mondiale.

Les maisons d’armateurs
Sur la costière, face à l’estuaire et le port, de nombreuses maisons bourgeoises ont été construites du XVIIIe au début du XXe siècle. Plusieurs le furent par des armateurs qui pouvaient, grâce à cette situation surveiller, l’arrivée des navires.
 
Boulevard de Strasbourg
Sur l’imposant boulevard qui mène à l’Hôtel de Ville, se trouvaient la plupart des agences des Compagnies maritimes : au 89, celle de la Compagnie Générale Transatlantique, au 99, les Chargeurs Réunis (dont la décoration de la façade rappelle la fonction), au 117, la maison Odinet, agent des Messageries Maritimes, dont il reste l’emblème, une licorne couronnée ou encore,  au 174, l’impressionnant Franklin building, siège de l’agence United States Lines…
 
Le mur de l’Atlantique
Entre patrimoine militaire, patrimoine maritime et patrimoine architectural, Le Havre et son agglomération conserve encore de nombreux blockhaus construits par les Allemands durant la Seconde guerre mondiale.
 
La Halle aux poissons
Construite de 1950 à 1956 par Charles Fabre et Jean Le Soudier et toujours en service aujourd’hui, la Halle aux poissons est une belle réalisation de la reconstruction. Bâtie en béton armé sur un plan original (polygone à 5 côtés), elle offre un grand espace unifié avec au centre cinq piliers surmontés d’une lanterne.

Les ponts
Les multiples bassins nécessitent pour les franchir de nombreux ponts qui sont à chaque fois des ouvrages d’art différents dans leur forme et leur mécanisme. Ponts tournants, ponts basculants, rythment la ville et le port, créant d’étranges situations comme celle de voir une route à la verticale, lorsque le pont est levé.
 
Monuments commémoratifs
Comme dans toutes les rades, les naufrages et les drames maritimes ont été nombreux au Havre. De nombreux monuments gardent la mémoire des disparus. Au cimetière Sainte-Marie sont érigés les monuments du naufrage de La Bourgogne (paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique qui fit naufrage) ou le monument des sauveteurs. Au sémaphore a été posée une plaque rappelant les 800 victimes du Niobé (cargo de la Société Navale Caennaise bombardé en juin 1940). A Sainte-Adresse le « Pain de sucre » a été érigé par la veuve du Général Lefebvre Desnoettes, pour servir d’amer et en souvenir de la disparition de son mari. Enfin quelques mètres plus loin, Notre Dame des flots conserve de nombreux ex-votos et veille sur la mer et les marins.
 
La gare maritime du Port
Après la Seconde guerre mondiale, le port aménage un hangar quai Johannes Couvert pour l’accueil des grands paquebots de lignes qui ne sont pas armé par la Compagnie Générale Transatlantique. United States, Queen Elisabeth, Rotterdam et bien d’autres accosteront ici. La gare a gardé son décor d’origine avec un grand hall, la salle sous douanes, un bar ; l’ensemble étant agrémenté d’éléments sculptés, de boiseries et de ferronneries.
 
Forme 7
La grande forme de radoub construite de 1911 à 1927 et capable d’accueillir des grands transatlantiques est encore conservée aujourd’hui. Elle servait au carénage des paquebots de la Compagnie Générale Transatlantique dont Normandie et France. Elle servit également à la réalisation des musoirs de Port 2000.
 
Les Chantiers navals
Le Havre a été un grand centre de construction naval avec de grands chantiers comme les chantiers Augustin Normand (situé autrefois à l’emplacement de la résidence de France), les Chantiers des forges de la Méditerranée (dans le quartier des neiges). L’ensemble a fusionné pour devenir les ACH. Une multitude d’autres chantiers existait notamment pour la plaisance comme le Chantier de La Hève, où l’architecte Pierre Arbault construisit de nombreux voiliers pour les régates dont certains de la célèbre navigatrice Virginie Hériot qui s’entraînait en baie de Seine.

Les régates
Le Havre a une des plus anciennes histoires de la plaisance. Premier yacht club sur le continent, fondé en 1839, la Société des Régates du Havre (SRH) a encore aujourd’hui un beau patrimoine bâti et historique. Le Palais des Régates de Sainte Adresse était une élégante construction avec une large terrasse couverte pour admirer les compétitions. Il fut reconstruit après guerre. Dans le port de plaisance, la SRH a également un pavillon, dans l’esprit de l’architecture paquebot où se réunit le club.

Un patrimoine aujourd’hui invisible
 
La tour François Ier
Commencée dès la fondation du Havre en 1517, la tour François Ier, large tour ronde qui aurait dû avoir son pendant, servait à la défense du port et à abriter le mécanisme de la chaîne qui empêchait l’entrée du port. Elle sera détruite à partir de 1860.

L’arsenal
Construit dans la deuxième moitié du XVIIe siècle puis reconstruit de 1776 à 1780, l’arsenal offrait une belle façade en pierre de taille sur le bassin du roi. Le bâtiment perd sa fonction en 1824 lorsque Le Havre n’est plus port militaire. Il est détruit en 1944.
 
La citadelle
Commencée en 1562 elle ne sera achevée que par la volonté de Richelieu qui ordonne la reprise des travaux en 1628. Détruite en partie dès 1792 pour le creusement du bassin de la Barre, elle le sera totalement en 1865, laissant place à un bassin qui porte son nom.

Exposition maritime internationale de 1887
Deux ans avant l’exposition universelle de Paris, à l’occasion de laquelle sera élevée la tour Eiffel, Le Havre accueille autour du bassin du commerce une grande exposition internationale sur la mer. Un palais des expositions est construit sur la Place Gambetta.
 
Le Sémaphore
Outil de communication indispensable avec les navires, les sémaphores ont été implantés à différents endroits. Celui de l’avant-port est resté célèbre et a laissé son nom au site. Construit en 1909, il était à l’extrémité de la jetée et conservait, au rez-de-chaussée, la collection Brindeau, premier musée maritime du Havre.

La gare maritime de la Compagnie Générale Transatlantique
Avec la mise en service de Normandie en 1935, la Compagnie Générale Transatlantique voit grand. Elle fait bâtir par Urbain Cassan et Noël Boutet de Monvel, une gare maritime de 600 m de long avec une tour marégraphe. Détruite en 1944, la compagnie confie à nouveau sa reconstruction à Urbain Cassan qui l’achève en 1952. Perdant sa raison d’être au désarmement du France en 1974, elle servira de hangar et sera détruite en 2008.
 
L’Hôtel des émigrants
En 1910, la Compagnie Générale Transatlantique fait construire un grand hôtel pour les émigrants au 34, rue de Phalsbourg, aujourd’hui rue Gabriel Péri. A l’instar d’Hambourg et de Liverpool, Le Havre est un grand port d’émigration vers les Etats-Unis. Les émigrants étaient acheminés par trains spéciaux de toute l’Europe et embarquaient ensuite sur les navires de la Compagnie Générale Transatlantique. Avant leur embarquement, ils étaient hébergés dans cet hôtel et passaient une visite médicale afin de limiter les refus à Ellis Island, les frais de la traversée retour des émigrants refusés étant à la charge de la Compagnie.

Au fil des bassins
 
Bassin du Roy et anse Notre-Dame
A l’emplacement de la crique « Havre-de-Grâce », François Ier décide l’aménagement d’un bassin qui est à l’origine de la fondation de la ville. Il prend le nom de bassin du Roy dont l’avant port est dénommé l’anse Notre-Dame. Les murs du quai ne seront maçonnés qu’en 1635. Réservé à l’arsenal, des formes de radoub seront construites, il sera clos de murs jusqu’en 1823.
 
Bassin du Commerce
Grand ouvrage du plan Lamandé, le bassin du Commerce participe autant à un plan d’urbanisme, avec le projet de grands immeubles identiques, que d’un développement du port. Creusé dès 1792, il devient effectivement le centre de la cité avec la construction de la bourse et du théâtre.
 
Bassin de la Barre
Prévu sur le plan Lamandé, il est creusé à partir de 1792, il servira à la réparation navale dans la deuxième moitié du XIXe siècle avec, notamment, la mise en place du premier dock flottant en 1844. Il est remblayé en partie pour la construction du siège du Port.
 
Bassin de l’Eure
Creusé à partir de 1845, inauguré en 1855, il verra partir les premiers transatlantiques jusqu’au début du XXe siècle. Il est aménagé sur la partie Est trois formes de radoub dont deux datent de 1883.
 
Bassin Vauban
Construit de 1840 à 1843, il est bordé par les Docks Vauban.
 
Bassin Vétillart
Construit sur le canal de Tancarville de 1904 à 1915. Le hangar aux coton, long de 742 m, est édifié sur ses quais à partir de 1910. Il sera reconstruit en partie en 1949 avec un système de 60 dômes afin de limiter les risques d’incendie.

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