Bien que Le Havre ne conserve plus de grands bateaux anciens, différentes associations ont dans leurs collections des témoins de la navigation portuaire à différentes époques : un cotre-pilote de la fin du XIXe siècle, un bateau-feu des années 30 ou un remorqueur qui a connu la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Il ne faudrait pas oublier non plus la plaisance avec des 12m² du Havre ou des bateaux taillés pour la régates comme Koatulas ou Kyla.
Des bateaux témoins de leurs époques
Le bateau-feu
Le bateau-feu, qui accueille aujourd’hui les nouveaux arrivants à l’entrée de la ville, indiquait autrefois le chenal aux bateaux. Ce « bateau immobile », construit en 1935 aux Forges et Chantiers de la Méditerranée au Havre, affecté à Dunkerque jusqu’en 1949, arrive au Havre à cette date et ne sera retiré du service qu’en 1981. Témoin de l’activité maritime du Havre, il embarquait huit membres d’équipage, relevés tous les quinze jours.
Le remorqueur USST 488
Ce remorqueur, long de 26.40 m, construit aux Etats-Unis en 1944, a traversé l’Atlantique en première classe sur un cargo ! Il n’arrive au Havre, dont le port a été en grande partie détruit, qu’en octobre 44. Il participe alors à tous les efforts pour la renaissance du port et est affecté au Port autonome en 1948 pour n’être désarmé qu’en 1989. En 1993, il est donné à l’Association du Musée Maritime et Portuaire par l’association Remorqueur USST 488 qui l’entretient encore aujourd’hui. Il est classé monument historique.
Marie-Fernand
Marie-Fernand, cotre-pilote construit en 1894 est le plus vieux bateau de travail navigant, conservé en France et le plus vieux bateau du Havre. Cette vieille dame classée monument historique, taillée pour la course, permettait au pilote de rivaliser avec ses pairs afin d’être le premier à monter à bord des navires qu’il fallait guider jusqu’à quai. C’était l’époque où la profession n’était pas encore constituée en coopérative et où les moyens de transmission n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Propriété de l’association Hirondelle de la Manche, des sorties en mer sont organisées, renseignez-vous en écrivant à marie-fernand@wanadoo.fr
Un bateau de plaisance
Les 12m² du Havre
A l’initiative de la Société des Petites Régates du Havre, l’architecte Gaston Grenier met au point dans les années 20 une série de petits voiliers avec une jauge. Les bateaux auront un certain succès puisque 60 seront construits avant la guerre par des grands architectes de l’époque : Maurice Bertin, Pierre Arbaut… Aujourd’hui, l’association Voile et tradition en conserve deux : Bel-Ami et Vivlo II.
Des bateaux taillés pour les régates
Koatulas
Peut-être verrez-vous passer depuis la plage les voiles rouges du Koatulas, une réplique d’un Camin du Havre réalisée en 1993 par le Conservatoire Maritime et encore sa propriété.
30 m² de voile pour une longueur de coque de 4.50 m : le spectacle vaut le coup d’œil !
Kyla, 6 m JI (jauge international)
A l’occasion de la Classique Virginie Hériot, vous verrez sans doute le Kyla, un 6 m JI taillé pour la régate, construit en 1934 par les Chantiers But Slip and Docks en Ecosse. Il rivalise avec Malloh Rhu 3, un 5.5 m JI de 1967 qui appartient aussi au Conservatoire maritime.
Des bateaux en mémoire
La Grande Françoise
Ce grand vaisseau devait être la fierté de la couronne française ; elle allait démontrer que l’ambition humaine est parfois vaine devant la réalité. En 1520, François Ier qui vient au Havre pour se rendre compte de l’avancement des travaux ordonne sa construction (près de 100 m pour 2 000 tonneaux). Mais le navire achevé ne pourra prendre la mer malgré les grandes marées. Il sera finalement démantelé et le bois servira à la construction des maisons de Saint-François.
La Dauphine
En 1523, la nef La Dauphine quittait les côtes normandes et vraisemblablement Le Havre pour traverser l’Atlantique. A cette époque des grandes découvertes, son capitaine Verrazano, ne savait pas encore qu’il découvrirait la baie de l’Hudson où s’élèverait la ville de New-York.
Des yachts dans les bassins
A l’époque où Le Havre attirait la Haute société dans ses hôtels et ses villas balnéaires, les grands yachts comme ceux de la famille impériale, des Rothschild et bien d’autres, animaient le Bassin du commerce. Certains avaient même été construits au Havre aux Chantiers Augustin Normand comme le Comte d’Eu, yacht du roi Louis-Philippe qui prit le nom de La Reine Hortense lorsqu’il fut offert au Prince Jérôme frère de Napoléon III.
Normandie
En mai 1935, appareillait du quai Johannes Couvert au Havre, le paquebot français qui aura sans doute demandé le plus d’efforts à la nation. Construit au plus fort de la crise, il devient un enjeu national, à une époque où les nationalismes sont exacerbés. La France choisira l’expression du luxe à la rencontre de New-York, capitale économique du monde à l’époque, avec ce chef-d’œuvre de l’Art Déco. Il sera néanmoins une victime de la guerre puisqu’il brûlera dans ce même port en 1942.
France
De 1864 à 1974, Le Havre aura été pour tous les Français le port qui permettait de rejoindre New-York. Durant plus d’un siècle, il verra les départs des plus grands paquebots de la Compagnie Générale Transatlantique. En 1962, c’est au tour de France de prendre le départ. Mais les Boeings qui croisent déjà dans le ciel et la crise pétrolière de 1973 amèneront l’Etat à arrêter la ligne qui était l’une des dernières, pour les passagers, encore en exploitation pour le long cours.
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