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Les collections d'art sacré

Le retable de l'abbaye de Graville

Les collections présentées au musée offrent une large illustration de ce thème essentiel de la sculpture religieuse.

Sculptures profanes

La sculpture profane (c'est dire en dehors de l'église) est une innovation capitale de l'art de la fin du Moyen-âge, qui prélude à la Renaissance et marque le développement de l'individualisme. A Graville, elle est illustrée par une œuvre unique mais majeure : la princesse de cour.

Autels, retables...

Le musée de l'abbaye de Graville présente différents fragments ou ensembles d'autels et retables ou contretables, des XIVe et XVe siècles, ouvrages d'architecture et de sculptures placés verticalement derrière la table d'autel. A cette époque le retable est avant tout une image destinée à enseigner la bible. Il n'est jamais placé à demeure sur le grand autel car il aurait caché le siège de l'évêque, toujours placé au fond de l'abside. Ces panneaux connurent une extraordinaire diffusion à travers l'Europe et particulièrement en Normandie, Bretagne et Aquitaine. Parmi eux, des éléments de retables inspirés de travaux flamands.
Au XVIe siècle, l'église catholique entreprend un vaste mouvement de redressement autant pour freiner la poussée protestante que pour se réformer elle-même. Cette reconquête exige que l'on rende leur dignité au clergé et aux églises. Ces dernières sont donc réparées et leur décoration intérieure transformée. Ainsi le retable est désormais conçu comme la pièce maîtresse permettant de diffuser les idées du Concile. De simple panneau rectangulaire placé au dessus de l'autel, il développe considérablement ses dimensions pour orner le fond du sanctuaire de manière à former un décor pour la messe. Devenu partie intégrante de l'autel et du tabernacle, il est souvent un riche ouvrage d'architecture et de sculpture dont la structure fait écho à l'architecture des façades d'église. Au XVIIe siècle, les retables de style Louis XIII opèrent une transition entre la Renaissance et le Baroque. Le retable joue sur des effets de perspective, de forme et de couleurs, chers au théâtre de cette époque.

La statuaire religieuse

Deux grands mouvements sont à distinguer, l’art populaire et l’art noble. A la fois guides moraux et intercesseurs, les saints eurent une grande importance pour la période comprise entre le XIIe et le XXe siècle. Il peut s’agir d'un art populaire qui se manifeste par des statues polychromes, aux corps raides, aux regards fixes, aux pièces de vêtements simplifiées, ou à l'opposé, d'art noble plus réaliste. Les visages ont de l’expression, il s’agit de véritables portraits. A partir du Concile de Trente, l'art noble est favorisé par les autorités religieuses et imposé aux paroisses locales. Dans la région havraise, la statuaire religieuse, issue de la sculpture de la figure de proue des navires, restera à mi-chemin entre art noble et art populaire.

Les madones

Les madones de Graville illustrent la transition qui amènera la Vierge à l'Enfant du XIVe siècle à celui de la Mère au visage tendre, discrètement souriant.

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