Si l’architecture moderne en général et le travail d’Auguste Perret en particulier semblent n’avoir été reconnus qu’avec l’inscription du centre-ville du Havre sur la liste du Patrimoine mondial par l’UNESCO en 2005, il s’agit en réalité d’une image tronquée.
En effet, même si l’attribution de cette distinction est une première en Europe pour un patrimoine postérieur à la Seconde Guerre Mondiale (le seul autre exemple dans le monde étant la ville de Brasilia), celle-ci représente l’aboutissement d’un très long processus de patrimonialisation entamé dès la fin de la reconstruction de la ville. C’est sous l’impulsion de l’Institut Français de l’Architecture (IFA) et grâce au travail de chercheurs et d’historiens que ce patrimoine va bénéficier d’un regard nouveau. La Ville du Havre s’investit alors dans la conservation et la restauration du bâti reconstruit, à travers la mise en place d’une Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager (ZPPAUP), puis dans une démarche de valorisation et d’animation de ce patrimoine avec l’obtention du label « Ville d’art et d’histoire ». C’est cette évolution préalable et la qualité du dossier de candidature qui permettront finalement l’inscription du site sur la liste du Patrimoine mondial en juillet 2005.
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