Dollemard : comprendre les falaises pour mieux traiter les anciennes décharges

Nature, environnement
Publié le 04/08/2026

Au nord du Havre, les falaises de Dollemard présentent une forme particulière, liée à leur composition géologique et à l’action de l’érosion. Cette physionomie, marquée par la présence d’argile, de pentes et de préfalaises végétalisées, explique aussi une partie de la complexité du chantier de nettoyage des anciennes décharges.

Un site emblématique du littoral havrais

Les falaises de Dollemard s’inscrivent dans la Côte d’Albâtre, ce grand ensemble littoral qui s’étend du Havre au Tréport. Sur ce secteur, Le Havre compte environ 1,5 km de falaises, avec des hauteurs proches de 100 mètres.

Entre le plateau, les pentes végétalisées et le pied de falaise soumis à l’érosion due à l’action de la mer, Dollemard offre un paysage spectaculaire. Mais ce relief est aussi fragile. Il évolue sous l’effet des marées, des tempêtes, des ruissellements et des mouvements naturels du terrain.
Cette réalité géologique est au cœur du chantier engagé par la Ville du Havre pour nettoyer les anciennes décharges situées au pied des falaises.

Pourquoi les falaises du Havre ont-elles cet aspect ?

La Côte d’Albâtre est souvent associée à de grandes falaises blanches, verticales, composées de craie et de silex. À Dollemard, cette composition est également bien présente : la craie donne au littoral sa couleur claire, tandis que le silex apparaît dans les couches successives de la falaise. Toutefois, au sud du cap d’Antifer, les falaises ont une apparence un peu différente. Elles sont moins uniformément blanches et moins verticales. On y observe des pentes, des talus et des préfalaises végétalisées qui masquent par endroits la craie.

Cette particularité s’explique notamment par la présence de niveaux argileux plus affleurants ou plus proches de la surface. Plus molle et imperméable que la craie, l’argile réagit fortement à l’eau. Elle favorise les glissements de terrain et l’affaissement progressif des matériaux. C’est ce phénomène qui contribue à former les talus visibles au pied des falaises havraises.

À Dollemard, l’érosion ne se manifeste pas seulement par la chute de blocs de craie. En raison de la présence d’argile, elle prend aussi la forme de glissements progressifs. Les matériaux se déplacent, s’accumulent et forment des pentes instables entre le plateau et la mer.

Sur ce secteur, le recul du trait de côte est estimé à environ 30 cm par an. Le pied de falaise peut être atteint par la mer à marée haute, notamment lors de forts coefficients ou de tempêtes.

Cette dynamique naturelle rend le chantier particulièrement sensible. Les anciennes décharges, au pied des falaises, sont exposées à ces mouvements et à l’action de la mer. Sans intervention, certains déchets pourraient continuer à être fragilisés puis entraînés vers le littoral.

Cette particularité liée à l’argile a une conséquence directe sur le chantier. Les déchets des anciennes décharges ne sont pas simplement posés en surface ou séparés du terrain naturel. Ils sont mélangés aux matériaux du site, notamment à des terres et à des fractions argileuses.

Cela rend les opérations de terrassement, de tri et de traitement plus complexes. Les équipes doivent séparer des matériaux très hétérogènes : gravats, terres, déchets, éléments pollués ou matériaux pouvant être valorisés.

La nature argileuse ajoute une difficulté supplémentaire. Elle peut rendre les terres plus compactes ou plus difficiles à séparer. C’est pourquoi le chantier s’appuie sur une organisation précise, avec des plateformes de tri, des opérations de lavage, des analyses en continu et des filières de traitement adaptées.

À Dollemard, les choix techniques découlent directement des contraintes du site. La hauteur des falaises, les pentes, les risques de glissement, l’accès difficile au pied de falaise et la présence de matériaux mélangés imposent une organisation sur mesure.

Les matériaux sont d’abord terrassés, puis triés selon leur nature. Les éléments à traiter sont ensuite remontés vers le plateau, lavés, analysés et orientés vers les filières adaptées : réemploi, valorisation ou traitement spécialisé.

Cette méthode permet d’intervenir sur un site difficile, tout en tenant compte de la stabilité du relief, de la sécurité des équipes et de la sensibilité des milieux naturels.

Comprendre les falaises pour comprendre le chantier

Le chantier de Dollemard ne consiste pas seulement à retirer des déchets. Il s’inscrit dans un paysage complexe, façonné par la craie, le silex, l’argile, les glissements de terrain et l’érosion marine.

Comprendre cette géologie permet de mieux mesurer les enjeux du projet : agir sur une pollution héritée du passé, dans un environnement naturel contraint, tout en adaptant les méthodes de chantier à la réalité du terrain.

En suivant l’évolution du chantier, la Ville du Havre poursuit un objectif clair : traiter les anciennes décharges de Dollemard en tenant compte des caractéristiques physiques du site et de la fragilité du littoral havrais.

Pour en savoir plus sur l’ensemble du projet, ses phases et les techniques mises en œuvre :

Consultez la page dédiée au nettoyage des anciennes décharges de Dollemard

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