Métamorphoses : penser la ville en mouvement

Culture
Évènement
Publié le 03/02/2026

Pour sa quatrième édition, Métamorphoses propose un temps de réflexion autour des grandes transformations contemporaines. Le rendez-vous annuel invite chercheurs, artistes, architectes et acteurs culturels à croiser leurs regards sur l’évolution des territoires et de nos manières de les habiter.

Imaginé par Gaël Charbau, directeur artistique d’Un Été Au Havre, Métamorphoses s’inscrit dans le prolongement de l’esprit de l’événement artistique estival : faire dialoguer création, réflexion et espace public. Chaque édition explore les mutations à l’œuvre dans les villes et paysages, qu’elles soient urbaines, sociales, culturelles ou écologiques

Les thématiques abordées ces dernières années ont ainsi interrogé la reconstruction, le rapport au littoral, les usages de l’espace public, la transition écologique ou encore la place de l’art et de l’architecture dans la ville. À travers des interventions pluridisciplinaires, le rendez-vous propose moins des réponses que des clés de lecture, invitant à penser le territoire comme un organisme vivant, en constante évolution. 

Entre marche, architecture et écologies urbaines 

La 4e édition de Métamorphoses, organisée au Fitz – l'espace bar du Volcan – poursuit cette exploration en réunissant des voix venues de l’architecture, de l’urbanisme, de l’art, du paysage et de la culture. La programmation 2026 traverse des sujets variés et complémentaires : le récit des territoires par la marche, la capacité de l’architecture à transformer les usages et les perceptions, l’intervention artistique dans l’espace public, le rapport au sacré à l’ère contemporaine, les échanges culturels internationaux, les zones de transition urbaines ou encore la valorisation de matières délaissées au service de démarches durables. Autant de regards croisés qui dessinent une réflexion globale sur les métamorphoses à l’œuvre dans les sociétés et les territoires

Cette édition réunit plusieurs intervenants

  • Vianney Delourme, auteur et marcheur, qui explore les territoires par le récit en mouvement
  • Dominique Alba, architecte et spécialiste des transformations urbaines
  • Julien Berthier, artiste dont les œuvres interrogent l’espace public
  • Meriem Chabani, architecte et urbaniste engagée dans les écologies sociales
  • Fériel Fodil, directrice de la Villa Hegra (institution culturelle franco-saoudienne) et actrice des dialogues culturels internationaux
  • Alexandre Chemetoff, architecte, urbaniste et paysagiste attentif aux zones de transition
  • Clarisse Merlet, fondatrice de FabBRICK, pionnière du réemploi textile

Retrouvez ci-dessous les témoignages de quatre d'entre eux. 

« Nous avons créé notre journal culturel indépendant au milieu des années 2010, devenu depuis un véritable site de presse, afin de faire partager le Grand Paris sous l’angle de la nature et de la culture. De là est née l’idée de l’arpentage avec nos lecteurs : la marche étant le sport préféré des Français et le pass Navigo permettant de parcourir l’Île-de-France, une région plus verte qu’on ne l’imagine. Nous avons proposé à l’Entente Axe Seine de déambuler le long du fleuve, de Paris à la mer. Tout est là pour nous y inciter : des sentiers de grandes randonnées, des véloroutes, le chemin de fer, des berges publiques, des forêts… Nous avons décomposé le parcours en tronçons, de gare à gare. En 2025, nos six étapes ont fait le plein, même en sortant des limites tarifaires du Grand Paris. On découvre des paysages magnifiques avec de multiples activités et expériences possibles. En 2026, nous profitons du centenaire de la disparition de Claude Monet pour organiser « Dans les pas de Monet », dix parcours vers les sites où il a posé ses chevalets, dont l’estuaire de la Seine à la beauté méconnue : c’est l’Estaque de l’Atlantique ! La vallée de la Seine pour sa part n’a rien à envier à la vallée de la Loire. C'est aux acteurs du territoire de travailler à lever d’éventuels freins à la mobilité. » 

Intervention à 9h15

« À travers mon travail, je m’interroge sur les pratiques de soin, de préservation et de transmission capables de devenir de véritables moteurs d’écologies urbaines durables. Je défends l’idée que l’architecture peut jouer un rôle de médiation entre les sols, les corps et les récits. Le discours artistique, comme le projet architectural, fabrique de la valeur. Or, celle-ci est aujourd’hui très concentrée dans certains centres, comme à Paris, où l’accumulation d’institutions crée une centralité puissante. Comment alors sortir de cette logique sans se contenter d’un simple saupoudrage vers des territoires considérés comme périphériques ? Comment permettre à cette valeur d’émerger depuis ces territoires eux-mêmes ? Mon intervention portera sur la notion de "sacré", entendue comme ce que l’on choisit de sanctuariser et de protéger. Dans un contexte de crises environnementales et climatiques, que signifie créer des lieux urbains qui protègent, qui soignent, qui entretiennent le vivant ? Le Havre m’intéresse particulièrement par son histoire et sa reconstruction. Ici, la question du sanctuaire, du sens que l’on donne à ce que l’on préserve collectivement, résonne avec une force toute particulière. » 

Intervention à 13h30

« Je vis à Paris et je travaille avec de nombreux matériaux, sans en privilégier aucun en particulier. J’ai développé un goût pour l’intervention dans l’espace public, pour confronter les œuvres d’art au réel, ce qui m’intéresse plus qu’exposer en galerie. L’ artiste a-t-il pourtant sa place dans cet espace qui est loin d’être neutre ? Est-ce qu’il peut intervenir dans un endroit où il n’est pas demandé ? L’espace public est saturé d’objets liés à la sécurité, à l’hygiène…, ce qui crée de l’ordre et contraint les usages. Mon intervention porte sur le questionnement de ces objets qui parsèment l’espace et, notamment, le potelet omniprésent : il y en a environ 600 000 rien qu’à Paris ! Ces impensés invisibles, dont peu de gens connaissent le nom, représentent une défaite du vivre ensemble et une absurdité écologique. Je porte un regard affectif et critique sur eux et montre, par de nombreux exemples joyeux, comment ils peuvent être utilisés et détournés artistiquement. Les œuvres d’art peuvent ainsi offrir des alternatives. Je présenterai donc une sélection de mes projets qui dialoguent avec l’espace public, entre illégalité et générosité. » 

Intervention à 11h15

« Je connais bien Le Havre pour y avoir aménagé le front de mer entre Sainte-Adresse et la Porte Océane. Cette réalisation illustre selon moi une problématique havraise – en tout cas plus sensible qu’ailleurs – qui est celle de la rencontre entre la ville reconstruite et celle qui ne l’est pas. La couture entre l’espace reconstruit reste inaccomplie. La plage et les bâtiments le long du boulevard Albert Ier, qui sont en dehors de la Reconstruction, donnent l’impression d’un entre-deux. Avec le recul, il me semble que l’on pourrait à dessein accentuer ces différences de caractères jusqu’à affirmer qu’il y a plusieurs villes dans la ville, en amplifiant l’identité de la ville reconstruite et des autres parties du Havre. Cela reviendrait à admettre de ne pas homogénéiser les espaces publics en travaillant des ambiances distinctes. La plage au Havre est l’émergence d’un autre paysage urbain, il y a un moment où l’on passe d’une ville à l’autre : comment règle-t-on cette couture ? De là découle mon idée de s’intéresser aux lieux de transitions. C’est au moment où les paysages changent qu’ils gagnent en intérêt. Je préconise de s’intéresser aux discontinuités et pas seulement aux continuités. C’est un changement de regard. » 

Intervention à 15h30

Métamorphoses

Retrouvez toutes les informations sur l'évènement

À voir aussi