Quand l’art adoucit l’attente aux urgences pédiatriques

Santé
Solidarité
Publié le 09/09/2026

Une fresque colorée et poétique accueille depuis juin dernier les jeunes patients des urgences pédiatriques de l’hôpital Jacques Monod. Imaginée par l’artiste havrais Drolnim, cette œuvre transforme l’espace d’accueil en un univers d’évasion où l’imaginaire aide à faire oublier l’inquiétude des soins.

Dès l’entrée des urgences pédiatriques du Groupe Hospitalier du Havre, le regard est happé par une explosion de couleurs. Entre fusées, personnages et détails à découvrir, la composition murale réalisée par l’artiste Drolnim invite au voyage. Dans cet espace où se mêlent souvent appréhension, douleur et attente, la création apporte une respiration aux enfants comme à leurs familles.

Installée dans la zone d’accueil, elle a été pensée comme une véritable immersion visuelle. « Les enfants, qui ont une échelle différente de celle des adultes, sont spontanés dans leur appréciation des dessins et des personnages », observe l’artiste. Réalisée en une dizaine de jours, l’œuvre a rapidement été adoptée par les jeunes patients, qui s’amusent à en explorer les multiples éléments.

De Séoul au Havre, un regard nourri par deux cultures

Derrière le nom de Drolnim se cache un artiste havrais au parcours singulier. Après avoir étudié à l’École supérieure d’art du Havre, il s’est installé près de dix ans à Séoul, en Corée du Sud, où il a développé une activité mêlant illustration, muralisme et design graphique. Au fil des années, il a collaboré avec des institutions culturelles, des collectivités et des marques internationales, tout en façonnant un univers très personnel. Son style immédiatement reconnaissable est fait de compositions foisonnantes, de couleurs vives, de formes inspirées à la fois de la bande dessinée, de la culture urbaine et d’un imaginaire onirique. « Mon travail se situe à l’intersection des cultures urbaines, entre illustration, peinture murale et design graphique », explique-t-il.

Depuis son retour au Havre à l’automne 2025, l’artiste diversifie ses activités. Pour les urgences pédiatriques, il a choisi un registre propice à la rêverie. Son univers, mêlant exploration spatiale, aventure et fantaisie, détourne l’attention des enfants du contexte médical qui les entoure.

Une rencontre au service du bien-être des enfants

Cette réalisation est née de la rencontre entre le Groupe Hospitalier du Havre et l’artiste. Déjà engagées dans une démarche d’ouverture à l’art, les urgences pédiatriques avait repéré les fresques réalisées par Drolnim en Corée du Sud et souhaitait poursuivre l’intégration d’œuvres d’artistes locaux dans ses espaces.

Pour le docteur Damien Dufour, médecin chef du service, lenjeu dépasse largement la dimension décorative. « L’environnement d’accueil est primordial pour la prise en charge de nos patients. Faire naître de bonnes sensations est fondamental dans la gestion de la douleur et de l’acceptation des soins administrés. Toute réduction du stress améliore la compréhension des soins. La fresque donne aux enfants la possibilité de rêver, de se détacher de ce qui les amène aux urgences. »

Au-delà de son impact immédiat, l’œuvre contribue à créer une identité forte pour cette unité. L’espace d’accueil a gagné en chaleur et en personnalité, au point de devenir un véritable repère pour les familles.

Un projet rendu possible grâce au mécénat

La fresque n’aurait cependant pas vu le jour sans le soutien financier de la commanderie havraise de l’Ordre international des Anysetiers. Fidèle à sa vocation philanthropique, l’association a souhaité accompagner un projet alliant culture, solidarité et santé.

« Notre ordre, créé au Moyen Âge, était à l’origine apothicaire. Son slogan aujourd’hui est “Aider, donner de l’espoir”. Nous nous retrouvons parfaitement dans cette fresque créée pour divertir les enfants malades ou blessés », souligne Jacques Lemonnier, grand maître de la commanderie du Havre de Grâce.

Pour Drolnim, cette réalisation illustre le rôle que peut jouer de l’art dans les lieux du quotidien. « Voir des gens sourire, discuter devant la peinture ou simplement lever les yeux en attendant rappelle à quel point l’image peut réellement transformer un lieu », confie-t-il. Aux urgences pédiatriques du Havre, cette transformation est désormais bien réelle.