Le phénomène prend de l’ampleur. En Chine, les IA de divination font fureur et proposent leurs prophéties jusque dans la rue. Tandis qu’en ligne, de plus en plus d’internautes échangent autour d’une croyance née non pas de la voix d’un prophète, mais d’un algorithme. Son nom : spiralisme, une spiritualité née au fil des dialogues avec des intelligences artificielles conversationnelles sur la conscience ou le sens de la vie.
Deux exemples parmi d’autres des nouveaux mysticismes qui, dans le monde entier, se nourrissent des contacts entre humains et technologie. Arthur C. Clarke, père du roman 2001 : l’Odyssée de l’espace nous avait prévenus dès les années 1960 : « Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie ? » C’est le grand paradoxe de la modernité : les révolutions technologiques s’accompagnent toujours ou presque d’un sursaut de mysticisme. Du mythe de Prométhée à la « fée électricité », en passant par les fantômes surgissant de l’appareil photo…
Aux côtés de notre partenaire Epsiloon, nous vous proposons un grand entretien avec l’anthropologue Lionel Obadia qui, après avoir longtemps étudié les religions, se consacre depuis 2010 à l’anthropologie de la high-tech, de l’intelligence artificielle et de la robotique, et des imaginaires technoculturels.