Au XIXe siècle, Louis-Lazare Zamenhof met au point une langue construite destinée à devenir une langue commune et internationale : l’espéranto. Le titre de l’exposition, "FABRIKI", est un mot espéranto qui signifie fabriquer, agencer, construire, œuvrer, modeler, réaliser, développer ou encore travailler.
Cette idée de construction collective trouve un écho particulier dans le parcours des six artistes réunis au sein de l’exposition : Léon Chotard, Corentin Delahaie-Antibe, Hugo Denise, Emma Maignan, Benoît Roussel et Gurvan Siband. Entre les deux campus du Havre et de Rouen de l’ésadhar, ils ont choisi de prolonger leur formation grâce au dispositif La Fabrique, qui leur permet de bénéficier des espaces, des outils et de l’accompagnement des équipes pédagogiques et techniques afin de mener une résidence de recherche, d’expérimentation et de production. Réunis à la galerie du Théâtre de l’Hôtel de Ville, les six artistes présentent ici des extraits de leurs pratiques respectives.
Par la peinture, la sculpture et le texte, Emma Maignan déploie un ensemble d’œuvres nourries par l’autofiction, l’enfance, le jeu et la résistance. Corentin Delahaie-Antibe poursuit une réflexion décoloniale à travers une œuvre inédite conçue à partir d’un artefact de l’histoire coloniale française. Hugo Denise présente une série de gravures sur bois réalisées à partir de la photographie d’une scène du quotidien. Benoît Roussel expose des sérigraphies et des aquarelles sur papier où le paysage se trouve troublé par des jeux optiques et chromatiques. Gurvan Siband explore l’errance, les lignes, les volumes et la géométrie des espaces urbains au travers d’un ensemble de gravures en noir et blanc. Enfin, Léon Chotard mêle des références à la Renaissance et des éléments du XXIe siècle pour composer un simulacre mythologique ouvert à toutes les interprétations.
Ainsi, "FABRIKI" rassemble une diversité de techniques et de regards. De la peinture à la sculpture, en passant par la sérigraphie, la gravure ou encore le pastel, les artistes invitent les visiteurs à penser la mémoire, le jeu, l’histoire intime et collective, les paysages, le réel, le virtuel, les corps et les matériaux. Mises en dialogue, ces œuvres hétéroclites composent une langue nouvelle : le langage plastique d’une génération d’artistes en devenir.
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