Depuis toujours, l’humanité cherche à répondre à une question simple en apparence : quel est l’âge de la Terre ? Pendant longtemps, les estimations reposaient sur des interprétations philosophiques ou religieuses, jusqu’à ce que la science s’empare du problème.
À partir du XVIIIe siècle, la science aborde enfin la question avec des méthodes quantitatives. Buffon réalise des expériences conduisant à un âge de près de 75 000 ans, soit bien plus que les quelques milliers d’années admises à son époque. Un siècle plus tard, William Thomson (Lord Kelvin) élabore une théorie du refroidissement de la Terre et obtient un âge de plusieurs dizaines de millions d’années. Le résultat rassure en partie les géologues et les biologistes, notamment Charles Darwin, dont les observations n’étaient pas compatibles avec des durées comptées en milliers d’années. Toutefois, leurs estimations sont encore plus élevées et provoquent des débats acharnés pendant des décennies.
Il faut attendre la découverte de la radioactivité à la fin du XIXe siècle pour disposer d’une horloge capable de mesurer directement le temps géologique. On arrive rapidement à des valeurs de plusieurs milliards d’années qui seront sans cesse révisées à la hausse jusqu’en 1955, date à laquelle les mesures précises de Clair Patterson donnent un âge de 4,55 milliards d’années. Mais cette histoire ne s’arrête pas là : elle révèle un véritable paradoxe scientifique.
Comment des méthodes rigoureuses ont-elles pu mener à des résultats si différents ? Et que nous apprend cette controverse sur la manière dont la science progresse ?
À travers cette enquête fascinante - entre erreurs, intuitions géniales et découvertes inattendues - cette intervention vous invite à comprendre comment les scientifiques mesurent le temps… et pourquoi même les meilleures théories peuvent être remises en question.