« Le patinage de vitesse est un sport où tout est toujours possible. »
Publié le 18 mars 2026
Après les Jeux d’hiver de Milano Cortina, qui se sont tenus du 6 au 22 février, Quentin Fercoq revient sur ses débuts au Havre, sa passion pour le short-track et ses ambitions pour la suite.
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Comment avez-vous découvert le short-track ?
J’ai commencé le patinage de vitesse sur piste courte dès l’âge de 4 ans. J’étais un enfant plein d’énergie, mais mes parents n’étaient pas très enthousiastes à l’idée de passer leurs week-ends sur les terrains de football. Un jour, ma mère, qui était professeure des écoles, a reçu un flyer présentant le short-track. Après quelques séances d’essai à la patinoire du Havre, j’ai tout de suite accroché et j’ai pris une licence… que j’ai toujours depuis 2003 ! J’ai d’ailleurs débuté en même temps que Sébastien Lepape, autre champion havrais, avec qui j’ai partagé plus de dix ans en équipe nationale. Le club du Havre a longtemps été une référence en France dans cette discipline, et l’arrivée de Vincent Jeanne – ancien international et Havrais lui aussi – contribue aujourd’hui à relancer cette dynamique.
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Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce sport ?
Très jeune, j’ai surtout appris à patiner et… à tomber sans me faire mal ! J’aimais la sensation de glisse et la vitesse. En grandissant, la dimension tactique de la course est devenue passionnante. Trouver la bonne trajectoire, se placer, réagir… Cela ressemble un peu à une partie d’échecs à pleine vitesse.
J’ai toujours eu l’esprit de compétition, que ce soit dans le sport ou ailleurs. Le short-track demande beaucoup d’explosivité, à l’image des courses d’athlétisme, avec des efforts très intenses sur de courtes distances. D’ailleurs, les écarts entre hommes et femmes sont minimes : environ une seconde et demie sur 500 mètres, par exemple.
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C’est donc un sport plutôt individuel ?
Sur la glace, en effet, même s’il existe des épreuves en relais. Mais pour progresser, on a besoin d’un groupe solide et d’un collectif soudé. La seule solitude, c’est finalement celle du départ.
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Comment conciliez-vous vie personnelle et carrière sportive ?
Je respire, je mange et je dors short-track. Il n’y a pas beaucoup de place pour autre chose. J’ai simplement passé un diplôme d’État pour devenir entraîneur afin d’anticiper ma reconversion.
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Que retenez-vous de votre expérience aux Jeux en Italie ?
C’étaient mes deuxièmes Jeux après Pékin. L’ambiance était bien meilleure en Italie : en Chine, les restrictions liées à la Covid limitaient vraiment les échanges avec les autres athlètes ou les bénévoles. Sportivement, je suis déçu. Je fais moins bien qu’il y a quatre ans, alors que j’avais obtenu beaucoup de bons résultats ensuite : vice-champion du monde, deux médailles en Coupe du monde… Depuis deux ans, nous nous entraînons avec l’équipe italienne. Malgré de bons championnats d’Europe, mes deux dernières saisons ont été difficiles. Je visais un top 10, donc une demi-finale, mais je m’arrête finalement en quarts.
Le short-track est un sport extrêmement rapide où tout peut basculer en une fraction de seconde. Il y a beaucoup de faits de course. Ce ne sont pas toujours les meilleurs qui gagnent… et c’est aussi ce qui en fait la beauté, même si c’est parfois frustrant.
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Comment envisagez-vous la suite ?
J’ai intégré le haut niveau en 2020. Parfois, c’est compliqué de ne vivre que du sport, de dépendre des subventions et du soutien familial. Physiquement, l’âge n’est pas un problème majeur : on peut baisser sur certaines distances, mais progresser sur d’autres. Il y a quatre ans, un Canadien a été sacré champion à 35 ans !
Pour l’instant, je suis concentré sur les Championnats du monde de Montréal*. Quant à la perspective de participer aux Jeux à domicile en 2030, cela joue évidemment sur ma réflexion pour la suite.
* Les Championnats du monde se sont déroulés du 13 au 15 mars.
Le Havre
