Découvrez la gestion écologique des espaces de nature au Havre

Nature, environnement
Publié le 02/04/2026

Depuis 2012, l’ensemble des espaces verts de la ville du Havre ne sont plus traités avec des produits chimiques. En effet, de nombreuses études scientifiques ont démontré que ces produits étaient néfastes non seulement pour l’environnement mais également pour la santé humaine.

Une ville saine, sans pesticides ni herbicides

S’agissant de produits chimiques conçus pour « tuer » les plantes et insectes non désirés, la Ville du Havre a décidé depuis 2019 d’arrêter totalement l’utilisation de ces produits pour l’ensemble de ses espaces. En effet, ces produits sont utilisés uniquement pour des raisons esthétiques et tuent aussi bien les espèces non désirées que les bourdons, abeilles, papillons, hérissons ou encore les oiseaux qui s’en nourrissent. 

En arrêtant l'usage, y compris dans les cimetières et les terrains de sport, de ces produits délétères, la biodiversité de ces espaces a augmenté et on y retrouve des espèces qu’on ne voyait plus

L'éco-pâturage, une gestion favorable à la biodiversité

Près de 9 hectares d’espaces verts du Havre sont gérés par éco-pâturage, c’est-à-dire que plutôt que d’y passer avec des tondeuses ou débroussailleuses, la Ville du Havre utilise des animaux pour entretenir ces espaces. Il s’agit la plupart du temps d’endroits en pente ou difficilement accessibles

Avec un cheptel de près de 60 animaux, cela permet de garder ces sites en prairie et ainsi éviter qu’ils se boisent progressivement, évolution naturelle d’un espace. Grâce à cette gestion plus douce qu’avec des tondeuses, ces prairies pâturées hébergent une faune et une flore diversifiées. Et même si ces animaux avalent occasionnellement quelques insectes en broutant l’herbe, la majorité a le temps de s’enfuir contrairement au passage d’engins motorisés. De plus, le fait que l’herbe soit broutée permet d’enrichir le sol avec les déjections des animaux, ce qui diversifie la flore et donc les insectes qui en dépendent.

Plus d'infos sur l'éco-pâturage

Le cheptel d'éco-pâturage du Havre

44

brebis

15

chèvres

8,6

hectares

9

sites différents

La gestion différenciée et les îlots refuges

La gestion différenciée, c’est-à-dire une tonte plus ou moins régulière des espaces verts en fonction de l’usage des espaces, est pratiquée depuis plus de 15 ans par les jardiniers des espaces verts de la Ville. 

La gestion en îlots refuges a débutée, elle, en 2020. Il s'agit des parties d’espaces verts qui ne sont plus tondues pendant 1 à 4 ans. Cela permet aux plantes de réaliser l’ensemble de leur cycle de vie naturel au fil des saisons (germination, croissance, floraison, fructification, dormance ou mort de la plante).

Chaque étape d’un cycle de vie des végétaux bénéficie à une grande variété d’animaux qui : 

  • se nourrissent des graines pour certains, comme le pinson ou le chardonneret élégant, pour d’autres des feuilles comme les chenilles des papillons ou les escargots, des fleurs pour tous les pollinisateurs, des fruits pour les merles ou les fourmis, ou même de la plante morte pour les vers de terre et de nombreux animaux du sol
  • y vivent, comme par exemple les sauterelles, les mantes religieuses, les coccinelles ou les grenouilles et tritons adultes
  • s’y reproduisent, tels que les rouges-gorges ou les papillons (certains ont même besoin de plantes spécifiques appelées plantes hôtes pour y pondre leur descendance qui s’en nourrira)

Ces mêmes animaux nourrissent eux-mêmes certains prédateurs : les mésanges mangent par exemple les chenilles, les hérissons et les grives mangent des escargots. Tous ces animaux ne pourraient pas être présents sans une grande diversité de plantes faisant leur cycle de vie complet

Ainsi, les îlots refuges permettent à ces animaux d’être présents au Havre, de s’y réfugier lorsque d’autres espaces sont tondus. Enfin, même s’ils ne sont pas tondus, ces espaces restent entretenus : les déchets sont ramassés et les abords des chemins et des routes sont fauchés et les déchets y sont ramassés. 

Pour conserver ce patrimoine naturel, acceptons les herbes hautes et rappelons-nous que ce ne sont pas les herbes qui sont « sales » mais les déchets que les humains y jettent ! 

Ces espaces font également l’objet de suivis scientifiques. Il a ainsi été constaté qu’au bout de 2 ans de cette gestion en îlots refuges, le nombre de papillons observés en moyenne en 2022 était de : 

  • 74 individus sur les îlots refuges 
  • seulement 9 individus sur les espaces tondus de façon classique

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