Publié le 13/07/2026
Au pied des falaises de Dollemard, les anciennes décharges sont exposées à l’érosion marine. A travers ce chantier de dépollution exceptionnel, la Ville du Havre vise un objectif central : éviter que plastiques, microplastiques et déchets résiduels ne rejoignent progressivement le milieu marin.
Sur ce site littoral, fermé au début des années 2000, les anciennes décharges restent soumises à l’érosion. Au fil du temps, les matériaux accumulés au pied des falaises peuvent être fragilisés, déplacés, puis relargués vers la plage, l’estran et le milieu marin.
C’est cette migration progressive des pollutions que le chantier vise à stopper.
Plastiques, microplastiques, terres polluées : de quelle pollution parle-t-on ?
Les anciennes décharges de Dollemard sont principalement composées de matériaux issus du bâtiment et des travaux publics. Les études menées sur le site ont identifié plusieurs types de matériaux : gravats, blocs de béton, ferrailles, terres de remblais urbains, mais aussi déchets plastiques, pneus, bois pollués, amiante, déchets industriels et déchets divers.
Certains sols présentent localement des traces de pollution, notamment en métaux et hydrocarbures. Sur les zones nord et centrale, les sondages ont également mis en évidence la présence de déchets plastiques, d’amiante, de bois pollués et de pneus. La zone centrale se distingue par une pollution particulière liée aux microplastiques.
Ces microplastiques proviennent de la fragmentation progressive des déchets plastiques. Plus ils se dégradent, plus ils deviennent difficiles à récupérer dans l’environnement.
Un risque pour l’estran et la faune marine
À Dollemard, l’érosion marine constitue le principal facteur de transfert des pollutions vers le littoral. Lorsque les matériaux sont atteints par la mer, notamment lors des marées ou des tempêtes, les déchets peuvent être entraînés vers l’estran puis vers le large.
Cette pollution peut avoir plusieurs conséquences : diffusion des plastiques dans l’environnement, fragmentation en microplastiques, impact sur la faune marine et, plus largement, sur les équilibres du milieu littoral.
L’estran, cette zone alternativement couverte et découverte par la mer, est un milieu fragile. Il abrite des espèces végétales et animales adaptées aux mouvements des marées, mais particulièrement sensibles aux pollutions venues de la terre.
Prévenir : traiter les zones exposées à l’érosion
La première réponse du chantier est préventive. Il s’agit d’intervenir sur les matériaux exposés au risque d’érosion marine, avant qu’ils ne soient entraînés vers la mer.
Le projet prévoit ainsi de traiter 312 000 m³ de matériaux, correspondant au volume considéré comme vulnérable à long terme. Cette intervention permet d’agir à la source, en ciblant les zones où les déchets présentent le plus fort risque de relargage dans le milieu marin.
Dans le même temps, l’organisation du chantier cherche à limiter son impact environnemental : emprise réduite en haut de falaise, tri sur site, conservation possible des matériaux non pollués et non soumis à l’érosion marine, et valorisation des matériaux lorsque cela est possible.
Traiter : trier, laver, analyser, orienter
L’action curative repose sur une chaîne de traitement organisée directement sur le site. Les matériaux sont d’abord terrassés, puis dirigés vers une plateforme de tri en pied de falaise. Ils y sont séparés selon leur nature grâce à plusieurs procédés : tamis, aimant, séparateur hydraulique et table de tri.
Les matériaux fins et les déchets sont ensuite remontés vers le plateau sur la plateforme haute pour y être analysées, permettant une évacuation directe vers des filières spécialisées ou le passage dans une installation de lavage pour les matériaux les plus pollués. L’installation de lavage fonctionne en circuit fermé, elle permet de concentrer les polluants dans les particules les plus fines et de traiter progressivement les matériaux plus grossiers.
Tout au long du processus de tri, des analyses sont réalisées afin de contrôler la qualité environnementale des matériaux.
Les matériaux lavés peuvent être réutilisés sur des chantiers de voirie. Les matériaux non pollués, comme certains gravats et pierres, peuvent contribuer au réaménagement final des falaises. Les déchets résiduels — plastiques, bois, ferrailles ou autres déchets nécessitant un traitement adapté — sont évacués vers des filières spécialisées.
Une action locale pour protéger durablement le littoral havrais
En intervenant sur les anciennes décharges de Dollemard, la Ville du Havre agit sur une pollution héritée d’activités passées, avant qu’elle ne continue à se diffuser dans le milieu marin.
Ce chantier ne se limite donc pas au nettoyage d’un site : il participe à la protection du littoral havrais, de l’estran, des falaises et des milieux naturels situés à l’interface entre la terre et la mer.
Pour comprendre l’ensemble du projet, son calendrier, ses acteurs, ses techniques et le devenir du site après les travaux :
Consultez la page dédiée au nettoyage des anciennes décharges de Dollemard
L'essentiel à retenir
Le chantier concerne des matériaux issus des anciennes décharges littorales : gravats, blocs de béton, ferrailles, terres de remblais, mais aussi plastiques, microplastiques, pneus, bois pollués, amiante, caoutchoucs et terres présentant localement des traces de pollution.
Les anciennes décharges sont situées au pied des falaises et exposées à l’érosion marine. Les matériaux peuvent être progressivement entraînés vers la plage, l’estran puis la mer. Les plastiques peuvent ensuite se fragmenter en microplastiques et se diffuser dans l’environnement.
Le chantier cible les matériaux les plus exposés à l’érosion. Les matériaux non soumis à ce risque à long terme sont laissés sur place s’ils ne présentent pas d’impact environnemental. Le traitement sur site permet également de limiter les transports et de mieux orienter les matériaux selon leur nature.
Les matériaux sont terrassés, triés en pied de falaise, remontés vers le plateau, analysés dans un laboratoire installé sur site puis soit évacuées directement vers des filières spécialisées, soit lavés en circuit fermé. Ils sont ensuite orientés vers le réemploi, la valorisation ou des filières spécialisées.
Les matériaux non pollués peuvent être réutilisés, notamment pour le réaménagement final des falaises ou sur des chantiers de voirie. Les déchets résiduels sont évacués vers des filières adaptées.
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