En s'interrogeant sur les risques que le développement des intelligences artificielles fait peser sur la production et la transmission de la vérité scientifique, le philosophe Vincent Bontems, directeur de recherche au CEA, a choisi une voie originale : celle de la fiction.
Que se passerait-il si une IA réputée omnisciente entreprenait de réécrire l'Histoire ou de modifier la géographie du monde telle que nous la connaissons ? Que ressentirions-nous face à une intelligence artificielle capable de reproduire la personnalité d'un défunt au point d'en usurper l'identité ? Serait-il possible de reformuler l'ensemble des savoirs scientifiques contemporains dans un langage radicalement différent du nôtre ? Pourrait-on affaiblir la connaissance en la submergeant sous un déluge d'informations et de fausses sciences indiscernables des vraies ? Enfin, dans un contexte de « guerres cognitives » , les principales cibles seront-elles les êtres humains ou les systèmes d'intelligence artificielle eux-mêmes ?
Convaincu que certains enjeux émergents se laissent parfois mieux saisir par l'imagination que par la seule analyse théorique, il a exploré ces questions à travers une série de récits spéculatifs réunis dans son ouvrage Fictions scientifiques : et si Borges avait connu l'IA ?
À travers ces scénarios, Vincent Bontems invite le lecteur à anticiper les défis intellectuels, scientifiques et politiques soulevés par l'essor de l'IA, en mobilisant les ressources de la fiction comme un véritable outil d'exploration du futur. Cette rencontre prendra la forme d'un dialogue ouvert avec le public, dont les questions et réactions nourriront la réflexion collective autour de ces futurs possibles de la science et de l'intelligence artificielle.