En 1910, Le Havre connaît une expansion économique et portuaire sans précédent dans laquelle les quelques 600 dockers charbonniers occupent une position vitale : sans eux, le trafic maritime et les échanges commerciaux s’effondrent.
Pourtant, la menace d’automatisation de leur travail et leurs conditions misérables déclenchent une grève menée par le syndicat des charbonniers, récemment refondé par Jules Durand. Aussi quand un ouvrier non gréviste est tué lors d’une rixe d’ivrognes, c’est l’occasion pour la Compagnie Générale Transatlantique de porter un coup fatal au mouvement : Durand, immédiatement accusé d’être l’instigateur du crime, est condamné à mort malgré la défense de son avocat, René Coty. L’affaire soulève une vague d’indignation nationale et internationale, rappelant l’affaire Dreyfus.
Pour raconter cette histoire, l’exposition réunit des pièces remarquables et inédites parmi lesquelles les témoignages d’une mobilisation qui dépassa largement les frontières, ou des œuvres d’art du début du XXe siècle illustrant les conditions de travail impitoyables des dockers. Elle dévoile également des pièces d’exception liées à Boulevard Durand, la pièce de théâtre d’Armand Salacrou qui ressuscita l’affaire dans les années 1960.
Exposition organisée par la direction de la lecture publique de la Ville du Havre (bibliothèques et Archives municipales), en partenariat avec l’Union des Syndicats CGT du Havre, le Musée d’art moderne André Malraux, les Archives nationales, French Lines & Compagnies, le Centre Havrais de Recherche Historique et les Amis de Jules Durand.