Elle a reposé pendant 2000 ans au fond de la Méditerranée. Sous la rouille, des engrenages, des cadrans, des calendriers, toute une formidable machinerie oubliée. Son usage, sa fabrication, son existence même avaient disparu de la mémoire humaine.
Jusqu’à ce qu’en 1900, une équipe d’archéologues en retrouve un morceau, brisé en plusieurs fragments, à bord d’une épave au large de l’île d’Anticythère. Il a fallu plus de 100 ans pour en percer les mystères… On le sait aujourd’hui, la machine d’Anticythère reproduisait la trajectoire apparente des astres dans le ciel, les phases de la Lune, les éclipses. Mais elle garde encore quelques mystères. Surtout, elle témoigne de l’incroyable sophistication du savoir ingénierique de la civilisation grecque. Un savoir technique, et un savoir-faire qui a disparu lorsque la société s’est effondrée. Lorsque les sociétés se transforment ou disparaissent, des connaissances, des techniques et des savoir-faire peuvent s’effacer avec elles.
À l’heure où nos technologies deviennent toujours plus complexes et spécialisées, cette découverte invite à réfléchir à une question très actuelle : comment transmettre et préserver les connaissances qui façonnent notre monde afin qu’elles ne se perdent pas à leur tour ?