Entre les années 1960 et 2000, le plateau de Dollemard, au Havre, a servi de lieu de dépôt pour des déchets issus du bâtiment et des travaux publics. Déversés directement depuis le sommet des falaises, ces matériaux se sont accumulés au pied du littoral au fil des décennies. Aujourd’hui, l’érosion marine fragilise ces dépôts et entraîne progressivement certains déchets vers la mer, notamment des plastiques et matériaux polluants.
Pour préserver les milieux marins, la Ville du Havre a engagé un vaste chantier de traitement de 312 000 m2 de matériaux, dans le cadre du plan national de résorption des anciennes décharges littorales.
Mais ce projet soulève un véritable paradoxe environnemental : pour protéger la nature et restaurer le littoral, il faut intervenir avec un chantier d’envergure susceptible de perturber temporairement les milieux naturels. Le site étant classé Natura 2000, les travaux font donc l’objet de nombreuses précautions : suivi écologique, limitation des emprises, adaptation du calendrier des travaux et restauration des espaces après intervention.
Ce chantier inédit illustre ainsi toute la complexité des démarches de reconquête environnementale : comment réparer les atteintes portées à la nature sans, dans le même temps, fragiliser les milieux que l’on cherche précisément à protéger ?