Animé par un paradoxe, Victor Vimont est curieux du réel, tout en s’y tenant à distance. Conscient d’appartenir à une histoire d’ordre géologique, il est ennuyé par les contraintes du quotidien, les obligations, les jugements extérieurs et les normes. Il voue un culte à l’inaction, propice à l’ennui, au repos, à la rêverie et à la pensée flottante. Il pense ainsi au temps long de la planète Terre, à l’histoire humaine, à la mémoire intime et collective pour fabriquer des espaces de refuge pour les mémoires.
Aidé d’outils d’impression numérique, l’artiste allie son expérience intime à des phénomènes qui le dépassent. Ainsi, les rideaux, supports de contemplation, apparaissent sous la forme d’un patchwork et de collage avec des fragments d’ardoises.
L’arbre, constitué de fils de bioplastique noirs, est une réplique d’un olivier centenaire présent dans le jardin de son père. La pierre est une reconstitution d’un dolmen préhistorique situé au milieu d’un champ à Montivilliers et dont personne ne se soucie de la présence sacrée.
À la manière des briques dans "Minecraft", les œuvres participent à la construction d’un espace mental, poétique et mémoriel. Victor Vimont fabrique alors un espace hautement mélancolique : un refuge où constellent des souvenirs, une quête de quiétude et des éléments de fascination.